• Photo : AP Photo/Port Clinton News Herald, Jonathon Bird

Foudre et bâtiments industriels

Dans notre imaginaire collectif, bâti à coup de séries télé et de films à grand spectacle, on a cette vision d'horreur de la foudre qui tomberait sur une usine chimique ou pire encore une centrale nucléaire, entraînant le retour de zombis vengeurs et de toutes les maladies du monde.

Des tremblements de terres et un tsunami ont mis à mal la centrale de Fukushima, qui en 2013, fuit toujours. C'est une erreur de conception qui a entraîné la catastrophe de Tchernobyl (toujours en fuite à ce jour - si je puis dire), même chose pour Three Mile Island, mais je n'ai trouvé aucune catastrophe d'ampleur suite à l'impacte de la foudre. On peut donc en conclure que le problème est correctement pris en compte par les organismes qui gèrent la sécurité de ces endroits... Cependant, personne ne m'empêchera de très scientifiquement toucher du bois. Car on peut réduire les risques, mais c'est la nature qui commande et la foudre peut quand même faire bien des dégâts, comme cette liste d'évènements que j'ai trouvé sur le site du développement durable et dont je ne citerai que deux.

En 1988 à L'Isle-su-la-Sorgue

Dans une usine chimique, pendant un orage, des ouvriers procèdent à la remise en route d’une nitration après une coupure de courant. Un impact de foudre proche et une boule de feu sont observés, des fl ammes de quelques dizaines de cm apparaissent sur le couvercle du nitreur. Le feu est arrêté en 10 s par vidange de la chaîne de nitration (vite vide). La foudre n’est pas tombée sur le paratonnerre proche mais sur le toit du bâtiment du réacteur, détériorant le calorifuge et des câbles situés à proximité de l’appareil. Des contrôles ont montré la conformité de l’installation électrique. L’incident est dû à un effet indirect de la foudre.

En 2000 à la centrale d'Avoine

Le système de retransmission des informations de surveillance d’un site nucléaire, en période de nuit, est rendu inopérant par la foudre. Certaines unités comme celle traitant des matériaux irradiés ne bénéfi cient pas, du fait des activités qui s’y déroulent, de présence humaine permanente, contrairement à la plupart des autres installations nucléaires. En dehors des heures ouvrables, les informations pertinentes comme les alarmes sont retransmises au poste principal de surveillance du site. Un samedi, en début de soirée, la foudre rend inopérant le dispositif de transmission pendant une dizaine d’heures. De ce fait, la ligne de défense reposant sur l’intervention humaine en cas d’anomalie a disparu. La sûreté n’a reposé que sur les dispositifs techniques en place et opérationnels, dispositifs dont l’exhaustivité et l’effi cacité ne sont jamais complètement acquis. Dès la découverte de cette coupure de retransmission, le personnel d’astreinte a mis en place une surveillance humaine jusqu’au rétablissement et à la requalifi cation du système défaillant. Des pannes analogues ont été découvertes sur d’autres systèmes de retransmission du site. Compte tenu de la dégradation momentanée du niveau de sûreté des installations concernées, l’incident est classé au niveau 1 de l’échelle INES.


Sources